Pour la fin de l’enseignement religieux obligatoire en Alsace Moselle.

Appel aux organisations et personnalités laïques

5avrilAujourd’hui encore, en Alsace et Moselle, l’école publique n’est pas laïque. Dans le cadre du sta­tut sco­laire local l’État y orga­nise l’enseignement reli­gieux avec les « cultes recon­nus » (catho­lique, pro­tes­tants, israé­lite) dans les locaux et sur le temps sco­laire. Il rému­nère les inter­ve­nants de reli­gion aux frais de tous les contri­buables de la Répu­blique.
Cette situa­tion n’est pas conforme à trois prin­cipes consti­tu­tion­nels :

Liber­té de conscience.
Aujourd’hui encore, les parents d’élèves sont tou­jours sou­mis à l’obligation de dis­pen­ser offi­ciel­le­ment leurs enfants sous peine de sanc­tions pour les élèves s’ils ne suivent pas le cours de reli­gion.

Neu­tra­li­té.
Alors que la charte de la laï­ci­té doit être affi­chée dans tous les éta­blis­se­ments sco­laires, la régle­men­ta­tion per­met encore aux ensei­gnants de l’Éducation natio­nale d’assurer l’enseignement de la reli­gion à leurs propres élèves au mépris de leur obli­ga­tion de neu­tra­li­té.

Éga­li­té.
Le droit à l’égalité est bafoué à l’école élé­men­taire où l’heure de reli­gion est incluse dans l’horaire obli­ga­toire de 24h. Les élèves d’Alsace et de Moselle sont ain­si pri­vés de 180 heures de cours com­muns durant leur sco­la­ri­té pri­maire.

En 1974, Les ins­ti­tu­teurs ont obte­nu la liber­té de ne pas ensei­gner la reli­gion à l’école publique en Alsace et Moselle. Aujourd’hui, nous devons obte­nir une avan­cée de même nature.

Nous appe­lons l’État à faire res­pec­ter ces trois prin­cipes sur l’ensemble du ter­ri­toire de la Répu­blique.

Nous appe­lons l’État à mettre en œuvre, en Alsace et Moselle, dès la ren­trée de 2016, les recom­man­da­tions de l’Observatoire de la laï­ci­té :

  • Rendre l’enseignement reli­gieux option­nel en l’organisant pour les seules familles volon­taires.
  • Orga­ni­ser cet ensei­gne­ment option­nel en dehors de l’horaire dédié aux ensei­gne­ments de l’Éducation natio­nale.

Nous appe­lons L’État à faire res­pec­ter à l’école publique en Alsace et Moselle la sépa­ra­tion du domaine des savoirs dis­pen­sés par l’Éducation natio­nale de celui des croyances inhé­rentes au domaine reli­gieux.

www.egalite-alsace-moselle.fr

Les premiers signataires

Ber­nard ANCLIN
Pré­sident de Laï­ci­té d’Accord

Michel SEELIG
Pré­sident du Conseil IUT et du Cercle Jean Macé de Metz

Celine RIGO
Secré­taire géné­rale du CNAL

Daniel FOULON
pré­sident des DDEN

Gérard DELFAU
Pré­sident d’EGALE — Séna­teur hono­raire

Roland BERTHILIER
Pré­sident de l’ESPER

Lilia­na MOYANO
pré­si­dente de la FCPE

Ber­na­dette GROISON
sec géné­rale de la FSU

Fran­çoise DUMONT
Pré­si­dente de la LDH

Jean-Michel DUCOMTE
Ligue de l’Enseignement

Chris­tian GAUDRAY
pré­sident UFAL natio­nale

Laurent ESCURE
Secré­taire géné­ral de l’‘UNSA Édu­ca­tion

Phi­lippe BARILLON
pré­sident FCPE Haut-Rhin

Mar­tine CERF
Secré­taire géné­rale d’EGALE

Anne FERAY
pro­fes­seure en lycée à Metz, secré­taire natio­nale de la FSU

Pierre JULLIEN
Pré­sident FOL Moselle

Chris­tian MOSER
Secré­taire régio­nal UNSA-Édu­ca­tion Alsace

Pas­cal POLITANSKI
Pré­sident de la Ligue de l’enseignement du Bas-Rhin

Her­vé PRITRSKY
Pré­sident des PEP Moselle

Charles ROEDERER
Pré­sident fédé­ra­tion Moselle LDH

Chris­tophe ROUSSEL
Avo­cat à la Cour d’Appel de Col­mar , LDH

Daniel TOMASELLI
Pré­sident de la FCPE Moselle et Lor­raine

Isa­belle TRABAND
Pré­si­dente de la FCPE du Bas-Rhin

Jean BAUBÉROT
Socio­logue

Hen­ri PENA-RUIZ
Ancien de la Com­mis­sion Sta­si qui dans ses conclu­sions pro­po­sait cette mesure

Caro­line FOUREST
Jour­na­liste

Patrick KESSEL
Pré­sident du Comi­té Laï­ci­té Répu­blique

Cathe­rine KINTZLER
Phi­lo­sophe

Phi­lippe MEIRIEU
Pro­fes­seur émé­rite sciences de l’éducation Lyon 2

Jean-Louis AUDUC
Agré­gé d’histoire ancien Direc­teur études IUFM Cré­teil

Gérard ASCHIERI
pré­sident de l’institut de recherches de la Fsu

Monique CABOTTE-CARILLON
Pré­si­dente de Chré­tiens pour une Église déga­gée de l’École Confes­sion­nelle (CEDEC)

Jean-Michel DJIAN
Rédac­teur en chef à France Culture

Jean-Paul DUBOIS
Pro­fes­seur de Droit Public Paris-Sud — Pré­sident d’honneur LDH

Marc HORWITZ
Co-Direc­teur du Dic­tion­naire de la laï­ci­té

Phi­lippe LAZAR
Direc­teur revue DIASPORIQUES/Cultures en mou­ve­ment

Michel MIAILLE
Pro­fes­seur émé­rite droit/s­ciences-po Mont­pel­lier

Michel NICETTE
Socio­logue, Maître de confé­rence en retraite -Reims.

Alain RABATEL
Pro­fes­seur des uni­ver­si­tés en Sciences du Lan­gage, Uni­ver­si­té de Lyon 1

Robin RENUCCI
Acteur Direc­teur des Tré­teaux de France

Michel TUBIANA
Pré­sident d’honneur de la LDH[/column]
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Ils ont également signé…

Patrick ABATE — Séna­teur de la Moselle | Natha­lie AMBROSIN-CHINI — Conseillère dépar­te­men­tale Moselle | Yan­nick BODIN — Ancien séna­teur de Seine-et-Marne |Danièle BORI — Adjointe au maire de Metz | René DARBOIS — Adjoint au maire de Metz | Julien ERNST — Col­la­bo­ra­teur de Conseillers géné­raux PS du Haut-Rhin |Pierre FREYBURGER — ancien Conseiller muni­ci­pal PS de Mul­house, ancien Conseiller géné­ral du Haut-Rhin. | Pierre GANDAR — Conseiller muni­ci­pal délé­gué de Metz |Jean GLAVANY — Dépu­té | Sébas­tien KOENIG — Pré­sident groupe PS du Conseil depar­te­men­tal Moselle | Jean-Pierre MASSERET — Séna­teur de la Moselle |Josiane NERVI-GASPARINI — Maître de confé­rence, Direc­trice de l’IREM (Unis­tra) , Conseil natio­nal du par­ti de gauche | Benoit SCHNECKENBURGER — sec nat Par­ti de gauche, char­gé de la laï­ci­té | Éric SCHULTZ — Éco­lo­giste, Adjoint au maire de Stras­bourg | Tho­mas SCUDÉRI — Adjoint au maire de Metz | Thier­ry SIEFFER — maire de Ran­rupt (67) | Jean-Michel TOULOUZE — Adjoint au maire de Metz | Vic­to­rine VALENTIN — Conseillère muni­ci­pale PS de Col­mar, ancienne Conseillère régio­nale d’Alsace | Robert ADJIAGE — Maître de confé­rence retrai­té, Uni­ver­si­té de Stras­bourg (Unis­tra) | Louis ARTI — Auteur Com­po­si­teur Inter­prète | Mar­tine BARTHÉLEMY -Direc­trice de recherche Fon­da­tion Natio­nale Sciences Poli­tiques | Ray­mond BAYER — Membre du CESE régio­nal ALCAL Metz | Nadia BELLAOUI — sec gen adj Ligue de l’Enseignement | Paul BERGER — mili­tant laïque et syn­di­ca­liste | Pierre BERTINOTTI — Haut fonc­tion­naire — Metz | Blan­dine BESSE — Pro­fes­seur retrai­tée Moselle |Alain BIRH — Pro­fes­seur hono­raire Uni­ver­si­té de Franche Com­té | Ralph BLINDAUER — avo­cat Metz | Ulrich BOHNER — Secré­taire géné­ral hono­raire des Pou­voirs locaux et régionaux,Conseil de l’Europe | Pierre BOLTZ — Conseiller d’Administration , pré­fec­ture de Col­mar | Chris­tiane BOLTZ — Ass­si­tante-agré­gée Uni­ver­si­té de Haute Alsace |Jean-Claude BOUAL — Secré­taire géné­ral adjoint d’EGALE | Jacques BRUNEL — Pré­sident Cercle Condor­cet du Vau­cluse | Joël CARON — DDEN, membre de l’UFAL d’Ile de France | Noëlle CASANOVA — Pré­si­dente de la sec­tion de Mul­house de la LDH | Jean-Yves CERFONTAINE — Pré­sident Cercle Jean Macé La Rochelle | Guil­hemCHAUZY — sec dep unsa édu­ca­tion 68 | Lin­da CHENOUF — sec dep unsa inter­pro­fes­sion­nel 67 | Guy CIRLA — Pré­sident Ligue de l’enseignement de l’Ariège | JeanCOMBE — For­ma­teur d’adultes chefs d’entreprise Nîmes | Charles CONTE — char­gé de mis­sion laï­ci­té Ligue de l’Enseignement | Sté­phane DAVAL — sec reg Unsa édu­ca­tion Lor­raine | Danièle DESPAX — Pré­si­dente Cercle Condor­cet de l’Indre | Chris­tophe DEVILLERS — Res­pon­sable de l’attractivité, ville et agglo­mé­ra­tion de Mul­house| Audrey DEVIN — sec dep unsa édu­ca­tion 57 | Paul DEVIN — SG du SNPI-FSU | Phi­lippe DOUCET — Dépu­té du Val d’Oise | Hubert DUCHSCHER — mili­tant laïque et syn­di­ca­liste | Jean-Phi­lippe ECKERT — Avo­cat Metz | Gau­vin END — Secré­taire de la FSU du Bas-Rhin. | Ber­nard FERRAND — Ancien Char­gé mis­sion laï­ci­té Uni­ver­si­té d’Évry | Fran­cis FLAMAIN — Pré­sident Comi­té Moselle Ligue contre le can­cer | Chris­tian FLODERER — Ingé­nieur, mili­tant asso­cia­tif | Phi­lippe FOLTIER — Pré­sident Cercle Condor­cet Mont­lu­çon | Josiane FONTANA — Avo­cate hono­raire Metz | Chan­tal FORESTAL — Maître de confé­rence émé­rite Uni­ver­si­té d’Aix-Marseille | Anne-Marie FRANCHI — Vice-Pré­si­dente hono­raire LFEEP | Gérard FRANCO — Col­lec­tif laïque Ariège | Ber­nard FURNON — Cercle Condor­cet Roanne | WilliamGASPARINI — Pro­fes­seur de socio­lo­gie , Unis­tra | Jean-Louis GENEST — Cercle Condor­cet Besan­çon | Jean GEOFFROY — Ins­pec­teur géné­ral hono­raire de l’administration de l’EN | Guy GEORGE — Ancien secré­taire géné­ral du SNi et conseiller d’Etat | Jean-Marie GILLIG — ancien IEN, auteur d’ouvrages sur l’école et sur la laï­ci­té.| Jean-Noël GRAMLING — Secré­taire natio­nal Laï­ci­té de République&Socialisme Metz | Michel GRANDPIERRE — UFOLEP Moselle | Gene­viève GRETHEN -Membre du Comi­té Cen­tral LDH — Metz | David GRISINELLI — sec acad SE-UNSA aca­dé­mie de Stras­bourg | Anne-Marie HALLER — sec dep se unsa 67 | Nor­bertHAMMANN — sec dep SNES-FSU Moselle | Marie HERMETT — Retrai­tée de l’éducation natio­nale Arpa­jon sur Cère can­tal. | Paul HERMETT — Retrai­té de l’éducation natio­nale Arpa­jon sur Cère Can­tal | Alain HILBOLD — pro­fes­seur retrai­té | Claude HOLLE — sec géné­ral de Laï­ci­té d’Accord | Lau­rence HOPP-FISCHER — sec dep 67 unsa edu­ca­tion | Jean-Jacques HOPPÉ — Pro­fes­seur des écoles Moselle | Anne-Marie HOUILLON — Ancienne Direc­trice d’École Nor­male | Pierre JUSTON -Doc­to­rant en Droit public | Didier KAHN - ancien sec. Du CDAL Bas-Rhin, ancien membre du CSER d’Alsace | Jean Marie KOELBLEN — sec dep FSU 68 | Anne-MarieKOHLER — sec dep unsa inter­pro­fes­sion­nel 68 | Jean-Pierre LAMBERT — Ingé­nieur retrai­té | Cathe­rine LE DUFF — co-sec dep SNUipp-FSU 67 | Yan­nick LEFRANC- Maître de confé­rence FLE-FLI Unis­tra | Claude LIGEROT — Cadre com­mer­cial retrai­té Metz | René MAUJARD — Fonc­tion­naire Retrai­té Thion­ville | René MAURIN - sec régio­nal FSU | Annie MELKA — Maître de confé­rence retrai­té Unis­tra. | Régis METZGER — pro­fes­seur des ecoles à For­bach, secré­taire natio­nal du SNUIpp-FSU | VincentMOREL — Pré­sident asso­cia­tion Les Pro­fanes Metz | Joelle NOLLER — sec dep. SNUipp-FSU 57 | Jo NOUSSE — chan­teur et mili­tant cultu­rel mosel­lan | Fran­çoiseOLIVIER-UTARD — Admi­nis­tra­trice natio­nale de l’Union Ratio­na­liste, Maître de confé­rence hono­raire Unis­tra | Nicole OTTENAD-SEELIG — Béné­vole Lire et Faire Lire |Elyse PETER — sec dep SNES-FSU 68 | Roland PFEFFERKORN — Pro­fes­seur de socio­lo­gie Unis­tra | Monique POINT — membre du CEDEC | Chris­to­pherPOLLMANN — pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, agré­gé de droit public, Uni­ver­si­té de Lor­raine Metz | Isa­belle RECK — Pro­fes­seur de lit­té­ra­ture espa­gnole Unis­tra | GuyROBILLART — Pré­sident du Cercle Jean Macé Stras­bourg, IGEN hono­raire | Jean-Marc ROIRANT — sec gen Ligue de l’Enseignement | Roland ROUZEAU - mili­tant laïque et syn­di­ca­liste | Claude SCHMITT — Mede­cin géné­ra­liste retrai­té, Expert NRBC HCFDC | Fran­çois SCHVERER — sec dep SNUipp-FSU 68 | Alain SEKSIG — Cadre de l’Éducation Natio­nale | Franck STORNE — Res­pon­sable de la biblio­thèque de l’École Natio­nale d’Architecture de Stras­bourg | Léon STRAUSS — Maître de confé­rence hono­raire Unis­tra, His­to­rien de la laï­ci­té en Alsace. | Luc-Hen­ri TESSIER — retrai­té du CNRS | Annick TESSIER — ensei­gnante retrai­tée | André THOMY — mili­tant laïque et syn­di­ca­liste | Pierre TOURNEMIRE — vice pdt Ligue de l’Enseignement | Xavier ULRICH — sec reg inter­pro­fes­sion­nel unsa ACAL | Didier VANHOUTE — ancien pré­sident du CEDEC | Marie-Claire VITOUX — Maître de confé­rence hono­raire Uni­ver­si­té de Haute Alsace | Alfred WAHL — Pro­fes­seur d’Histoire Uni­ver­si­té de Metz retrai­té |Eric ZOLVER - sec dep FSU Moselle |

Restons Charlie ! Abrogeons le délit de blasphème sur tout le territoire de la République, communiqué commun d’Égale, du CLR et de l’UFAL

Signez la péti­tion sur le site de l’UFAL

8 membres de la rédac­tion de Char­lie-Heb­do et 1 poli­cier char­gé de les pro­té­ger sont morts pour la liber­té d’expression dans un atten­tat qui a fait 3 autres vic­times. En France, cette liber­té fon­da­men­tale implique le droit de cri­ti­quer les reli­gions, et de les tour­ner en déri­sion. Ce que les dogmes reli­gieux appellent « blas­phème » est rela­tif aux seuls adeptes d’un culte don­né, et ne sau­rait donc s’appliquer à l’ensemble des citoyens. Le blas­phème est non seule­ment incon­nu du droit de la Répu­blique, mais légi­time et auto­ri­sé. Seules sont inter­dites et sanc­tion­nées péna­le­ment les attaques contre les per­sonnes ou les groupes de per­sonnes, quand elles revêtent un carac­tère dif­fa­ma­toire, raciste, anti­sé­mite, xéno­phobe, ou dis­cri­mi­na­toire.
Or nous rap­pe­lons qu’il sub­siste encore, dans les dépar­te­ments d’Alsace et la Moselle, un « délit de blas­phème », ves­tige dans le « droit local des cultes » de l’occupation bis­mar­ckienne de 1870. Il est tou­jours pré­vu et répri­mé par l’art. 166 du droit pénal local.

Les asso­cia­tions laïques sous­si­gnées exigent l’abrogation immé­diate, par voie légis­la­tive, de ce délit de blas­phème déro­ga­toire aux lois de la Répu­blique, et à jamais lié à la jus­ti­fi­ca­tion pré­ten­due de meurtres bar­bares.

Signez la péti­tion sur le site de l’UFAL
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Une telle abro­ga­tion ne por­te­rait aucu­ne­ment atteinte au libre exer­cice des cultes, puisque celui-ci est garan­ti par­tout en France par la Consti­tu­tion et la loi du 9 décembre 1905. Cet acte hau­te­ment sym­bo­lique nous paraît un devoir mini­mal du Par­le­ment et du Gou­ver­ne­ment fran­çais, à l’égard de la mémoire des vic­times de la liber­té d’expression, saluée le 11 jan­vier par des mil­lions de per­sonnes. Mettre fin à cette déro­ga­tion locale poten­tiel­le­ment meur­trière aura en même temps la valeur d’une réaf­fir­ma­tion, pour l’ensemble du ter­ri­toire, de la por­tée des liber­tés répu­bli­caines.

  • CLR (Comi­té laï­ci­té répu­blique)
  • ÉGALE (Ega­li­té, Laï­ci­té, Europe)
  • UFAL (Union des familles laïques)

Signez la péti­tion sur le site de l’UFAL
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L’Alsace et la Moselle ne veulent plus être le refuge du délit de blasphème

Communiqué de l’association Laïcité d’Accord

A la suite de la publi­ca­tion de cari­ca­tures de Maho­met, le pré­sident du CFCM étu­die la pos­si­bi­li­té d’un dépôt de plainte contre le jour­nal sati­rique Char­lie Heb­do “en Alsace-Moselle” ou “au niveau euro­péen”.
Dans tous les pays démo­cra­tiques sécu­la­ri­sés, dont la France, le délit de blas­phème lié à l’ingérence des cultes dans la sphère publique a été abro­gé, mais pas en Alsace-Moselle. Envi­sa­ger de dépo­ser une plainte en Alsace-Moselle plu­tôt qu’à Paris, siège du CFCM, implique de recou­rir à l’article 166 du code pénal local concer­nant le blas­phème et qui pré­voit une peine allant jusqu’à trois ans de pri­son.
Cha­cun appré­cie­ra le bien fon­dé des cari­ca­tures de ce jour­nal “bête et méchant”.
Dans le pas­sé, déjà, ce jour­nal avait eu à répondre devant un tri­bu­nal de la léga­li­té de la publi­ca­tion des cari­ca­tures danoises de Maho­met. Mais jamais une plainte n’avait encore été envi­sa­gée pour blas­phème.
Cette éven­tua­li­té a don­né le tour­nis aux juristes de l’Institut du Droit Local. Dans un pre­mier temps ils se sont mon­trés dubi­ta­tifs sur la rece­va­bi­li­té d’une telle plainte. D’après une dépêche de l’AFP, dans un second temps, ces mêmes juristes se sont lan­cés dans une inter­pré­ta­tion théo­lo­gique du texte juri­dique qui laisse per­plexe. Ils assi­milent “l’outrage à un culte” à un “blas­phème public contre Dieu” et jugent que “Dieu repré­sente le sen­ti­ment reli­gieux”. Si l’on com­prend bien, pour les juristes de l’IDL, offen­ser le sen­ti­ment reli­gieux jus­ti­fie­rait une plainte pour blas­phème en Alsace-Moselle, à coup sûr une pre­mière juri­dique.
Il res­sort de ces cir­con­vo­lu­tions juri­di­co-théo­lo­giques qu’une plainte contre Char­lie-Heb­do pour blas­phème nous ramè­ne­rait au temps de l’Ancien Régime. Cette éven­tua­li­té rap­pelle à tous les citoyens et déci­deurs fran­çais qu’il est impé­ra­tif et urgent d’introduire les lois laïques en Alsace et en Moselle.

Laïcité sans exceptions : lettre n°2, la barre des 5000 signataires est franchie !

Bon­jour,

La péti­tion Oui à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes de la loi de 1905 — Non au main­tien des sta­tuts déro­ga­toires (Alsace-Moselle, col­lec­ti­vi­tés d’Outre-Mer) vient de pas­ser la barre des 5000 signa­taires : nous tenons à remer­cier tous les signa­taires pour ce suc­cès. Mais pour que cette péti­tion est un impact impor­tant, il faut conti­nuer à la signer et à la faire signer par vos proches. Pour convaincre les indé­cis, nous vous pro­po­sons la lec­ture de deux nou­velles contri­bu­tions.

  • La pre­mière est de Ber­nard Teper, co-ani­ma­teur du REP (Réseau Edu­ca­tion Popu­laire) qui décrit, après un rap­pel his­to­rique, la situa­tion poli­tique suite à la pro­po­si­tion de Fran­çois Hol­lande de consti­tu­tion­na­li­ser les prin­cipes de la loi de 1905 et… le Concor­dat : Alsace-Moselle : sor­tir de la confu­sion et fixer le cap.
  • La deuxième contri­bu­tion est de Jean Rie­din­ger, Secré­taire de l’OCL (Obser­va­toire Chré­tien de la Laï­ci­té). Jean Rie­din­ger est signa­taire de la péti­tion et d’accord pour abo­lir le Concor­dat, mais il plaide dans ce texte pour que cela soit fait pro­gres­si­ve­ment : Prendre le temps.

Vous trou­ve­rez éga­le­ment, sur notre site inter­net, un recueil de docu­ments qui abordent la ques­tion de l’abrogation du Concor­dat d’Alsace Moselle.

N’oubliez pas que le suc­cès de cette cam­pagne passe par l’obtention d’un maxi­mum de signa­tures et de sou­tiens : n’hésitez pas à popu­la­ri­ser la péti­tion auprès de vos contacts et sur vos réseaux sociaux (face­book, twit­ter, etc). Mer­ci d’avance.

Les organisations signataires (par ordre alphabétique) :

Les Amis de ReSPU­BLI­CA, l’Asso­cia­tion Des Libres Pen­seurs de France (ADLPF), les Jeunes Radi­caux de Gauche , le REP (Réseau Edu­ca­tion Popu­laire), l’Union des Familles Laïques (UFAL)

Les premiers signataires (par ordre alphabétique) :

Jean-Claude Ama­ra (porte-parole de Droits devant !!), Charb (direc­teur de Char­lie Heb­do), Charles Aram­bou­rou (resp. laï­ci­té de l’Ufal), Sélim-Alexandre Arrad (Secré­taire géné­ral des Jeunes Radi­caux de Gauche — JRG), Tony Ber­nard (Maire de Châ­tel­don (63), Par­ti de gauche), Yann Barte (jour­na­liste), Yann Bugeaud (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, mathé­ma­tiques, Uni­ver­si­té de Stras­bourg), Monique Cabotte-Carillon (pré­si­dente du CEDEC — Chré­tiens pour une Eglise Déga­gée de l’Ecole Confes­sion­nelle), Michel Canet (Pré­sident de l’Ufal), Fran­çois Cocq (Secré­taire natio­nal à l’éducation et au ser­vice public du Par­ti de Gauche), Ber­nard Fer­rand (Vice-Pré­sident EGALE, uni­ver­si­taire), Caro­line Fou­rest (rédac­trice en chef de la revue Pro­Choix), William Gas­pa­rini (Pro­fes­seur des uni­ver­si­tés), Chris­tian Gau­dray (secr. géné­ral de l’Ufal), Nico­las Gavri­len­ko (pré­sident des Amis de ReSPU­BLI­CA), Isa­belle Gil­lette-Faye (socio­logue), Pierre Hart­mann (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, lit­té­ra­ture, direc­teur de l’Ecole doc­to­rale des huma­ni­tés, Uni­ver­si­té de Stras­bourg), Pierre Hayat (pro­fes­seur de phi­lo­so­phie), Cathe­rine Jousse (co-ani­ma­trice du Réseau Edu­ca­tion Popu­laire), Cathe­rine Kintz­ler (Phi­lo­sophe), Pas­cal-Eric Lal­my (secré­taire natio­nal du PRG en charge de la laï­ci­té), Pas­cale Le Néouan­nic (Conseillère régio­nale, SN du Par­ti de Gauche), Josiane Ner­vi-Gas­pa­ri­ni (Maître de confé­rences), Denis Pel­le­tier (Pré­sident de l’ADLPF), Hen­ri Peña-Ruiz (Philo­sophe), Yves Pras (pré­sident du CAEDEL Mou­ve­ment Europe et Lai­ci­té), Jean-Michel Quillar­det (ancien grand maître du GODF), Jean Rie­din­ger (secré­taire de l’OCL — Obser­va­toire chré­tien de la laï­ci­té), Jean-Paul Scot (His­to­rien), Danielle Simon­net (membre du Secré­ta­riat Natio­nal du Par­ti de Gauche, Conseillère de Paris), Ber­nard Teper (Réseau édu­ca­tion popu­laire (REP) et ReSPU­BLI­CA), Monique Vézi­net (ReSPU­BLI­CA et pré­si­dente de l’Ufal Ile de France) et Alain Vivien (ancien ministre).

Oui à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes de la loi de 1905
Non au main­tien des sta­tuts déro­ga­toires

Après avoir sus­cité l’espoir dans une décla­ra­tion prô­nant la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des deux pre­miers articles de la loi du 9 décembre 1905 por­tant sépa­ra­tion des églises et de l’Etat, le can­di­dat Hol­lande revient gra­ve­ment en arrière avec la pro­po­si­tion 46 qui abou­tit à consti­tu­tion­na­li­ser le sys­tème déro­ga­toire anti-laïque d’Alsace-Moselle. Il a tenu à pré­ci­ser : « Bien loin de por­ter atteinte aux règles qui régissent, de façon par­ti­cu­lière, les rela­tions entre l’Etat et les cultes concor­da­taires en Alsace-Moselle, elles seront au contraire confor­tées dans leur spé­ci­fi­cité, en se voyant recon­nues au niveau consti­tu­tion­nel. »

Lire la suite et signer la pétition sur le site dédié à cette campagne

La fin du droit local d’Alsace-Moselle ? par D. Peljak

A lire et consul­ter : La fin du droit local d’Alsace-Moselle ? par Domi­nique Pel­jak, Doc­teur en droit, paru dans AJDA (21/11/2011) sur le site de Dal­loz.
Résu­mé : “Le droit local d’Alsace-Moselle est un droit tou­jours vivant près d’un siècle après la fin de l’annexion alle­mande de 1870 à 1918 des dépar­te­ments de l’Est de la France. Ses dis­po­si­tions sont aujourd’hui hété­ro­clites, com­plexes et source d’incertitudes juri­diques. Si d’aucuns demeurent farou­che­ment atta­chés à son main­tien, sa dis­so­lu­tion pro­gres­sive dans le droit natio­nal, l’évolution récente de la juris­pru­dence de la Cour euro­péenne des droits de l’homme et sur­tout la mise en place des ques­tions prio­ri­taires de consti­tu­tion­na­li­té risquent à court ou moyen terme de remettre sérieu­se­ment en cause des pans entiers de ce droit.”

On appré­cie­ra le recen­se­ment exhaus­tif des textes opé­ré par l’auteur et leur appré­cia­tion cri­tique, on lira plus par­ti­cu­liè­re­ment les pas­sages où il :

  • décrit le régime des cultes régi par la loi du 18 ger­mi­nal an X (8 avril 1802) com­pre­nant le Concor­dat de 1801 ,
  • détaille la juris­pru­dence du Conseil d’Etat et celle de la CEDH sur les ques­tions de laï­ci­té, avec toutes les incer­ti­tudes qu’elle com­porte,
  • s’interroge sur la com­pa­ti­bi­li­té de la notion de blas­phème, qui sub­siste dans le droit pénal local, avec l’article 10 de la Conven­tion euro­péenne des droits de l’homme qui pro­tège le droit à la liber­té d’expression.
  • La pers­pec­tive ouverte en conclu­sion par l’utilisation des QPC consti­tue un apport nou­veau, des plus inté­res­sants.

Laïcité sans exceptions : lettre n°1 (deux premières contributions et premiers signataires)

Bon­jour,

Alors que la péti­tion Oui à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes de la loi de 1905 — Non au main­tien des sta­tuts déro­ga­toires (Alsace-Moselle, col­lec­ti­vi­tés d’Outre-Mer) vient de pas­ser la barre des 4000 signa­taires, nous vous pro­po­sons la lec­ture de deux pre­mières contri­bu­tions.

Vous trou­ve­rez éga­le­ment, sur notre site inter­net, un recueil de docu­ments qui abordent la ques­tion de l’abrogation du Concor­dat d’Alsace Moselle.

N’oubliez pas que le suc­cès de cette cam­pagne passe par l’obtention d’un maxi­mum de signa­tures et de sou­tiens : n’hésitez pas à popu­la­ri­ser la péti­tion auprès de vos contacts et sur vos réseaux sociaux (face­book, twit­ter, etc). Mer­ci d’avance.

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Deux premières contributions :

Les orga­ni­sa­tions signa­taires (par ordre alphabétique) :

Les Amis de ReSPU­BLICA, l’Association Des Libres Pen­seurs de France (ADLPF), le REP (Réseau Edu­ca­tion Popu­laire) et
l’Ufal.

Les pre­miers signa­taires (par ordre alphabétique) :

Jean-Claude Ama­ra (porte-parole de Droits devant !!), Charles Aram­bou­rou(resp. laï­cité de l’Ufal), Tony Ber­nard (Maire de Châ­tel­don (63), Par­ti de gauche),Yann Barte (jour­na­liste), Yann Bugeaud (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, mathé­ma­tiques, Uni­ver­sité de Stras­bourg), Monique Cabotte-Carillon (pré­si­dente du CEDEC – Chré­tiens pour une Eglise Déga­gée de l’Ecole Confes­sion­nelle), Michel Canet (Pré­sident de l’Ufal), Ber­nard Fer­rand (Vice-Pré­sident EGALE, uni­ver­si­taire), Caro­line Fou­rest (rédac­trice en chef de la revue Pro­Choix), William Gas­pa­rini (Pro­fes­seur des uni­ver­si­tés), Chris­tian Gau­dray (secr. géné­ral de l’Ufal),Nico­las Gavri­lenko (pré­sident des Amis de ReSPU­BLICA), Jean Gla­vany(Dépu­té), Pierre Hart­mann (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, lit­té­ra­ture, direc­teur de l’Ecole doc­to­rale des huma­ni­tés, Uni­ver­sité de Stras­bourg), Pierre Hayat (pro­fes­seur de phi­lo­so­phie), Cathe­rine Jousse (co-ani­ma­trice du Réseau Edu­ca­tion Popu­laire), Cathe­rine Kintz­ler (Phi­lo­sophe), Pas­cale Le Néouan­nic (Conseillère régio­nale, SN du Par­ti de Gauche), Josiane Ner­vi-Gas­pa­ri­ni (Maître de confé­rences), Denis Pel­le­tier (Pré­sident de l’ADLPF), Hen­ri Peña-Ruiz (Philo­sophe),Yves Pras (pré­sident du CAEDEL Mou­ve­ment Europe et Lai­cité), Jean-Michel Quillar­det (ancien grand maître du GODF), Jean Rie­din­ger (secré­taire de l’OCL – Obser­va­toire chré­tien de la laï­cité), Jean-Paul Scot (His­to­rien), Danielle Simon­net (membre du Secré­ta­riat Natio­nal du Par­ti de Gauche, Conseillère de Paris), Ber­nard Teper (Réseau éduca­tion popu­laire (REP) et ReSPU­BLICA), Monique Vézi­net (ReSPU­BLICA et pré­si­dente de l’Ufal Ile de France) et Alain Vivien (ancien ministre).

Oui à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes de la loi de 1905
Non au main­tien des sta­tuts déro­ga­toires

Après avoir sus­cité l’espoir dans une décla­ra­tion prô­nant la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des deux pre­miers articles de la loi du 9 décembre 1905 por­tant sépa­ra­tion des églises et de l’Etat, le can­di­dat Hol­lande revient gra­ve­ment en arrière avec la pro­po­si­tion 46 qui abou­tit à consti­tu­tion­na­li­ser le sys­tème déro­ga­toire anti-laïque d’Alsace-Moselle. Il a tenu à pré­ci­ser : « Bien loin de por­ter atteinte aux règles qui régissent, de façon par­ti­cu­lière, les rela­tions entre l’Etat et les cultes concor­da­taires en Alsace-Moselle, elles seront au contraire confor­tées dans leur spé­ci­fi­cité, en se voyant recon­nues au niveau consti­tu­tion­nel. »

Lire la suite et signer la pétition sur le site dédié à cette campagne

Le statut de la sécurite sociale d’Alsace-Moselle

1/ Pourquoi est-on mieux remboursé à Metz qu’à Nancy ? par Bernard TEPER (source ReSPUBLICA)

Et voi­là un exemple de plus d’angle mort dans les dis­cours poli­tiques (en dehors de Jean-Luc Mélen­chon qui deman­dait pour­quoi pas étendre ce sta­tut à toute la France). Entre le régime cou­rant en France et celui appli­qué dans les trois dépar­te­ments de l’Est de la France, il n’y a pas pho­to, jugez-en !
Pour la visite médi­cale, le rem­bour­se­ment passe de 70 à 90 %, pour les auxi­liaires médi­caux de 60 à 90 %, pour les médi­ca­ments de 65 à 90 % pour les vignettes blanches, de 30 à 80 % pour les vignettes bleues et de 15 à 0 % pour les vignettes orange, les pro­thèses de 60 à 90 %, le ticket modé­ra­teur de 18 euros de 0 % à 100 %, l’hospitalisation de 80 à 100 %, le for­fait jour­na­lier de 0 à 100 %. On aime­rait entendre les néo­li­bé­raux d’extrême droite, de droite et de gauche nous expli­quer pour­quoi c’est pos­sible à Metz, Stras­bourg et Col­mar et pas à Nan­cy, Vesoul et dans le reste du pays !
Vous savez pour­quoi ils n’en parlent pas ?
Parce que leur pro­jet est la fis­ca­li­sa­tion de la pro­tec­tion sociale et que le sta­tut d’assurance-maladie d’Alsace-Moselle s’appuie sur une coti­sa­tion sociale sup­plé­men­taire payée par les salaires (y com­pris les retraites et les reve­nus de rem­pla­ce­ment). Et cela marche.
Parce que le régime d’Alsace-Moselle est régi par la loi du 31/12/1991 et de son décret de 1995. Ce régime est un régime obli­ga­toire et non facul­ta­tif comme dans le sys­tème de la com­plé­men­taire san­té. Il est admi­nis­tré par un conseil d’administration de 25 per­sonnes dont 23 repré­sen­tants des sala­riés, un poste pour la FNMF et une per­sonne qua­li­fiée. Enfin, c’est un régime sans pari­ta­risme (pari­ta­risme qui per­met au patro­nat d’avoir la majo­ri­té en s’alliant avec un syn­di­cat com­plai­sant contre la grande majo­ri­té des sala­riés). De 2006 à aujourd’hui, la coti­sa­tion a bais­sé de 1,8 % du salaire dépla­fon­né à 1,5 % ! Et le régime est équi­li­bré ! Et au lieu de payer des inté­rêts comme les la CADES et ses 5 mil­liards d’intérêts payés, le régime a 9 mil­lions de pro­duits finan­ciers !
De plus, la Com­mis­sion des comptes de la Sécu­ri­té sociale a cal­cu­lé, pour 2007, que le régime local d’Alsace-Moselle béné­fi­ciait de coûts de ges­tion par­ti­cu­liè­re­ment bas et que la coti­sa­tion moyenne s’élevait à 175 euros par béné­fi­ciaire, à com­pa­rer avec une prime moyenne de 454,80 euros par béné­fi­ciaire pour les com­plé­men­taires san­té dans le reste de la France.

2/ L’enquête de la Cour des Comptes et le rapport de la sénatrice SCHILLINGER

“A l’initiative de votre rap­por­teure, la com­mis­sion des affaires sociales a com­man­dé, en décembre 2010, une enquête à la Cour des comptes sur le régime local d’assurance mala­die com­plé­men­taire obli­ga­toire d’Alsace-Moselle. Cette étude fut trans­mise et res­ti­tuée à la com­mis­sion en décembre 2011 ; elle est annexée au pré­sent rap­port d’information.
Qui aurait pu ima­gi­ner, voi­ci un an, que ce régime mécon­nu devien­drait un enjeu du débat élec­to­ral de 2012 ? On ne peut que s’en réjouir, tout en sou­hai­tant que la réflexion s’appuie sur les réa­li­tés locales et non sur une image fan­tas­mée d’un sys­tème mal com­pris.
Objet non iden­ti­fié de la pro­tec­tion sociale fran­çaise, ce régime mérite bien d’être expli­qué et ana­ly­sé car des ensei­gne­ments peuvent en être intel­li­gem­ment tirés pour le reste du pays. Asso­ciant cer­taines des carac­té­ris­tiques d’un régime de base et d’un régime com­plé­men­taire, il est un héri­tier de l’histoire et de la culture des trois dépar­te­ments du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, ter­ri­toires alle­mands lors de l’adoption des lois de Bis­marck sur les assu­rances sociales.
Ses coûts de fonc­tion­ne­ment très faibles du fait d’une mutua­li­sa­tion impor­tante avec les caisses du régime de base, son finan­ce­ment soli­daire qui assure une redis­tri­bu­tion entre géné­ra­tions et entre caté­go­ries de reve­nus et son mode de gou­ver­nance auto­nome en consti­tuent les atouts indé­niables. Etu­dier l’éventualité de sa trans­po­si­tion au niveau natio­nal peut enga­ger les pré­misses d’un débat construc­tif sur l’organisation de la sécu­ri­té sociale en France.”
Extrait du rap­port d’information n° 443 (2011 – 2012) de Mme Patri­cia SCHILLINGER, fait au nom de la com­mis­sion des affaires sociales, dépo­sé le 29 février 2012
http://www.senat.fr/rap/r11-443/r11-4430.html
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Le traitement du clergé concordataire d’Alsace-Moselle

La loi du 22 juillet 1923 consti­tue le texte de base concer­nant la rému­né­ra­tion des per­son­nels des cultes et leur retraite ; leurs trai­te­ments sont qua­si­ment des trai­te­ments nets, car ils sont exempts du pré­lè­ve­ment de coti­sa­tion pour pen­sion civile (c’est l’État qui paye les pen­sions, soit 20 mil­lions d’euros par an, via le bud­get des cultes qui s’élève actuel­le­ment à 55,9 mil­lions d’euros annuels). Ce sont donc les contri­buables de tous les dépar­te­ments de France et d’outre-mer qui payent les salaires, les pen­sions et l’essentiel de la pro­tec­tion sociale des ministres des cultes concor­da­taires.
Le décret du 10 juillet 1948 a éta­bli la grille indi­ciaire des trai­te­ments des ministres des cultes recon­nus – qui n’ont pas la qua­li­té offi­cielle de fonc­tion­naires – décret confir­mé par celui du 29 décembre 1973 et l’arrêté inter­mi­nis­té­riel du 25 avril 1974. Leur grille indi­ciaire a été reva­lo­ri­sée par le décret du 16 mai 1997 et le décret du 8 octobre 2007 fait pas­ser la plu­part d’entre eux dans la caté­go­rie A de la Fonc­tion publique.

Voir sur http://www.fnlp.fr/spip.php?article725 les chiffres (éta­blis au 1er jan­vier 2012) rela­tifs à la rému­né­ra­tion des dif­fé­rents ministres des cultes recon­nus.

En outre, les ministres du culte béné­fi­cient du loge­ment gra­tuit ou d’une indem­ni­té de loge­ment payée par la com­mune et d’un régime de pro­tec­tion sociale spé­ci­fique (décret du 19 jan­vier 1951) très avan­ta­geux : ils ne payent que 3,715 % de coti­sa­tion d’assurance-maladie, celle-ci excluant bizar­re­ment le risque d’accident du tra­vail !
À cela s’ajoutent des avan­tages en nature : voi­ture avec chauf­feur pour l’évêque, indem­ni­tés de des­serte de plu­sieurs paroisses (binage), cours de reli­gion payés par l’État (le curé peut être aumô­nier dans les éta­blis­se­ments publics), etc. De ce fait, il arrive sou­vent que le trai­te­ment net soit supé­rieur au trai­te­ment brut.

Laïcité sans exceptions : la pétition et les premiers signataires

Oui à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes de la loi de 1905
Non au main­tien des sta­tuts déro­ga­toires

Après avoir sus­cité l’espoir dans une décla­ra­tion prô­nant la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des deux pre­miers articles de la loi du 9 décembre 1905 por­tant sépa­ra­tion des églises et de l’Etat, le can­di­dat Hol­lande revient gra­ve­ment en arrière avec la pro­po­si­tion 46 qui abou­tit à consti­tu­tion­na­li­ser le sys­tème déro­ga­toire anti-laïque d’Alsace-Moselle. Il a tenu à pré­ci­ser : « Bien loin de por­ter atteinte aux règles qui régissent, de façon par­ti­cu­lière, les rela­tions entre l’Etat et les cultes concor­da­taires en Alsace-Moselle, elles seront au contraire confor­tées dans leur spé­ci­fi­cité, en se voyant recon­nues au niveau consti­tu­tion­nel. »

Lire la suite et signer la pétition sur le site dédié à cette campagne

Les organisations signataires (par ordre alphabétique) :

Les Amis de ReSPU­BLI­CA, l’Association Des Libres Pen­seurs de France (ADLPF), le REP (Réseau Edu­ca­tion Popu­laire) et l’Ufal.

Les premiers signataires (par ordre alphabétique) :

Charles Aram­bou­rou (resp. laï­ci­té de l’Ufal), Yann Bugeaud (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, mathé­ma­tiques, Uni­ver­si­té de Stras­bourg), Monique Cabotte-Carillon (pré­si­dente du CEDEC — Chré­tiens pour une Eglise Déga­gée de l’Ecole Confes­sion­nelle), Michel Canet (Pré­sident de l’Ufal), Caro­line Fou­rest (rédac­trice en chef de la revue Pro­Choix), William Gas­pa­rini (Pro­fes­seur des uni­ver­si­tés), Chris­tian Gau­dray (secr. géné­ral de l’Ufal), Nico­las Gavri­len­ko (pré­sident des Amis de ReSPU­BLI­CA), Pierre Hart­mann (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, lit­té­ra­ture, direc­teur de l’Ecole doc­to­rale des huma­ni­tés, Uni­ver­si­té de Stras­bourg), Cathe­rine Jousse (co-ani­ma­trice du Réseau Edu­ca­tion Popu­laire), Cathe­rine Kintz­ler (Phi­lo­sophe), Josiane Ner­vi-Gas­pa­ri­ni (Maître de confé­rences), Denis Pel­le­tier (Pré­sident de l’ADLPF), Hen­ri Peña-Ruiz (Philo­sophe), Yves PRAS (Pré­sident du CAEDEL Mou­ve­ment Europe et Lai­ci­té), Jean-Michel Quillar­det (ancien grand maitre du GODF), Jean Rie­din­ger (secré­taire de l’OCL — Obser­va­toire chré­tien de la laï­ci­té), Jean-Paul Scot (His­to­rien), Ber­nard Teper (Réseau édu­ca­tion popu­laire (REP) et ReSPU­BLI­CA), Monique Vézi­net (ReSPU­BLI­CA et pré­si­dente de l’Ufal Ile de France).

Laïcité sans exceptions : la pétition

OUI À LA CONSTI­TU­TION­NA­LI­SA­TION DES PRIN­CIPES DE LA LOI DE 1905 — NON AU MAIN­TIEN DES STA­TUTS DÉRO­GA­TOIRES (ALSACE-MOSELLE, COL­LEC­TI­VI­TÉS D’OUTRE-MER)

Après avoir sus­cité l’espoir dans une décla­ra­tion prô­nant la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des deux pre­miers articles de la loi du 9 décembre 1905 por­tant sépa­ra­tion des églises et de l’Etat, le can­di­dat Hol­lande revient gra­ve­ment en arrière avec la pro­po­si­tion 46 qui abou­tit à consti­tu­tion­na­li­ser le sys­tème déro­ga­toire anti-laïque d’Alsace-Moselle. Il a tenu à pré­ci­ser : « Bien loin de por­ter atteinte aux règles qui régissent, de façon par­ti­cu­lière, les rela­tions entre l’Etat et les cultes concor­da­taires en Alsace-Moselle, elles seront au contraire confor­tées dans leur spé­ci­fi­cité, en se voyant recon­nues au niveau consti­tu­tion­nel. »

Rap­pe­lons que le régime en ques­tion :

  • est dis­cri­mi­na­toire puisque non seule­ment il exclut de la « recon­nais­sance » et du « sala­riat » tout autre culte que les quatre « recon­nus » mais sur­tout il ignore les athées et agnos­tiques ;
  • déroge au « libre exer­cice des cultes », puisque ces cultes recon­nus, non seule­ment jouissent de pri­vi­lèges, mais res­tent contrô­lés par l’Etat et l’administration ;
  • viole la liber­té de conscience, en ins­tau­rant une inéga­lité entre croyants « recon­nus » et non-croyants (ou croyants « non recon­nus ») et, sur le ter­ri­toire natio­nal, oblige l’ensemble des contri­buables à finan­cer des cultes qu’ils n’exercent pas.

Par ailleurs, la plu­part des col­lec­ti­vi­tés d’Outre-Mer connaissent d’autres types de déro­ga­tions à la loi de 1905.

Au nom de l’universalité des prin­cipes répu­bli­cains, refu­sant que le com­mu­nau­ta­risme entre ain­si dans la Consti­tu­tion fran­çaise, les sous­si­gnés déclarent solen­nel­le­ment :

  • leur inten­tion de mani­fes­ter en toutes cir­cons­tances et en tous lieux leur irré­duc­tible oppo­si­tion au main­tien des déro­ga­tions com­mu­nau­ta­ristes tran­si­toires appli­quées en Alsace-Moselle, contraires à l’évolution his­to­rique de la Nation ;
  • leur inten­tion de lut­ter pour l’inscription dans la Consti­tu­tion des prin­cipes édic­tés dans le titre pre­mier de la loi de 1905 : liber­té de conscience, dont découle le libre exer­cice des cultes ; prin­cipe de sépa­ra­tion inter­di­sant la recon­nais­sance et le sub­ven­tion­ne­ment publics des cultes ;
  • leur inten­tion de veiller à ce que soient prises toutes mesures légis­la­tives néces­saires à l’application de la laï­cité sur tous les ter­ri­toires de la Répu­blique ; en par­ti­cu­lier, en Alsace-Moselle, dans tous les domaines du droit local tran­si­toire conte­nant des dis­po­si­tions anti-laïques : édu­ca­tion (appo­si­tion des cru­ci­fix et ensei­gne­ment reli­gieux à l’école publique), articles concer­nés du code civil ou du code pénal local (délit de blas­phème).

Les sous­si­gnés demandent aux can­di­dats aux pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives qu’ils s’engagent pré­ci­sé­ment et clai­re­ment sur les mesures qu’ils entendent prendre pour une appli­ca­tion pleine et entière du prin­cipe de laï­cité, en Alsace-Moselle comme dans les autres ter­ri­toires de la Répu­blique qui y dérogent encore.

Pour signer la péti­tion : www.laicite-sans-exceptions.fr

Lettre ouverte à François Hollande sur la laïcité, par Henri Pena Ruiz

Tri­bune parue dans le Monde du 23 février.

Je m’étais réjoui d’entendre Fran­çois Hol­lande affi­cher sa volon­té de confor­ter la laï­ci­té. Je suis aujourd’hui conster­né de la tour­nure prise par une telle pro­messe. Pour la laï­ci­té cela vire au cau­che­mar. D’une part seul le pre­mier article de la loi de 1905 est men­tion­né lit­té­ra­le­ment dans le pro­jet de consti­tu­tion­na­li­sa­tion. D’autre part le concor­dat encore en vigueur en Alsace-Moselle, liste de pri­vi­lèges publics de trois reli­gions octroyés par Napo­léon en 1801 et en 1807, est pro­mu au rang consti­tu­tion­nel.

Bref, l’égalité pré­vue par l’article deux est cen­su­rée, et les pri­vi­lèges concor­da­taires sont ren­for­cés dans la hié­rar­chie des normes ! Si les choses demeurent en l’état non seule­ment le pro­gramme du Par­ti socia­liste (PS) ne ren­force pas la laï­ci­té mais il l’affaiblit… Pen­dant cinq années de pou­voir sar­ko­zien, la laï­ci­té a reçu des coups très durs. Main­te­nant, alors que l’espoir renais­sait de la pro­mou­voir, voi­ci venir un nou­veau coup, inat­ten­du, poli­ti­que­ment para­doxal ! Ce serait une étrange façon de faire de la poli­tique que de ras­su­rer les par­ti­sans du main­tien de pri­vi­lèges en déses­pé­rant les par­ti­sans de l’égalité répu­bli­caine, croyants et athées réunis. Dia­lo­guons mal­gré tout sans polé­mique sur les deux points en jeu.

Le pre­mier point concerne les deux articles indis­so­ciables du titre pre­mier de la loi de 1905. C’est une faute de ne pas mettre sur le même plan l’article deux et l’article pre­mier. Pour­tant, les énon­cés sont simples, nets, purs comme du cris­tal. Jau­rès s’en est expli­qué. Lisons. Le pre­mier article dit haut et fort “Liber­té !”: “La Répu­blique assure la liber­té de conscience et garan­tit le libre exer­cice des cultes.” Le second article dit haut et fort “Ega­li­té !” : “La Répu­blique ne recon­naît, ne sala­rie, ni ne sub­ven­tionne aucun culte.” L’Etat por­teur du bien public — res publi­ca — n’a pas à pri­vi­lé­gier les croyants, pas plus d’ailleurs que les athées. Ni sta­tut de droit public, ni finan­ce­ments d’aucune sorte, pour une croyance qui n’engage qu’une par­tie des citoyens. La san­té, l’instruction, la culture, elles, sont le bien de tous, et méritent tous les égards. Pour Jau­rès, la chose était claire : sup­pri­mer le bud­get des cultes, ce n’est nul­le­ment nuire aux croyants, car le trans­fert de l’argent public à ce qui est uni­ver­sel, com­mun à tous, pro­fite autant aux croyants qu’aux athées. Bref, il faut abso­lu­ment consti­tu­tion­na­li­ser lit­té­ra­le­ment les deux articles de la loi de 1905, réunis sous le titre “Prin­cipes”. Il serait étrange qu’un par­ti dit socia­liste laisse tom­ber l’égalité de celui qui croit au ciel et de celui qui n’y croit pas…

Le deuxième point concerne le droit local d’Alsace Moselle. Ce droit local com­porte deux com­po­santes com­plè­te­ment dis­tinctes et de généa­lo­gies à la fois his­to­riques et natio­nales sans aucun rap­port. D’un côté le concor­dat napo­léo­nien de 1801 – 1807, loi fran­çaise ; de l’autre le droit social pro­mu par Bis­marck pour endi­guer la radi­ca­li­sa­tion révo­lu­tion­naire, loi alle­mande. Les reli­gieux cris­pés sur leur pri­vi­lèges concor­da­taires pré­tendent qu’ils sont insé­pa­rables des droits sociaux. Ils mentent, et trompent le peuple. On peut sup­pri­mer le concor­dat sans tou­cher aux droits sociaux spé­ci­fiques aux habi­tants de l’Alsace Moselle. S’il faut ras­su­rer les élec­teurs, c’est ain­si qu’on peut le faire dans le res­pect des prin­cipes indis­so­ciables de liber­té et d’égalité. Je com­prends mal l’argument du “res­pect d’une his­toire par­ti­cu­lière”. Nulle tra­di­tion n’est a prio­ri res­pec­table. La notion machiste de chef de famille, l’infériorisation des femmes, des homo­sexuels, des francs-maçons, des huma­nistes athées, ont long­temps fait par­tie des tra­di­tions occi­den­tales. Fal­lait-il les res­pec­ter ?

Fran­çois Hol­lande, il est encore temps de réta­blir les choses. On peut com­prendre que cer­tains reli­gieux cherchent à pré­ser­ver leurs pri­vi­lèges, et vous le fassent savoir. Encore qu’ils montrent ain­si qu’ils pensent davan­tage à la terre qu’au ciel. On ne peut com­prendre que vous ren­for­ciez juri­di­que­ment ces pri­vi­lèges, en les consti­tu­tio­na­li­sant. Vous ne pou­vez ratu­rer ain­si l’égalité répu­bli­caine des athées des croyants et des agnos­tiques. Sur­tout vous qui êtes du même par­ti que Jean Jau­rès. Est-il légi­time que des athées soient tenus de sub­ven­tion­ner, par l’impôt, un culte reli­gieux ? L’argent public ne doit pas ser­vir l’intérêt par­ti­cu­lier mais l’intérêt géné­ral. Au moment où vous mili­tez pour une ges­tion rigou­reuse de la dépense publique, on peut s’étonner de votre posi­tion. Que ferez-vous demain si des libres pen­seurs ou des francs maçons vous demandent de l’argent pour leurs lieux de réunion ? Allez vous consa­crer une approche dis­cri­mi­na­toire qui donne aux croyants un sta­tut de droit public alors que les athées sont confi­nés dans la sphère pri­vée ? De grâce lais­sez à Nico­las Sar­ko­zy le soin de consi­dé­rer que la reli­gion est un ser­vice public, le sup­plé­ment d’âme d’un monde sans âme. Et lais­sez les croyants pra­ti­quer leur reli­gion de façon dés­in­té­res­sée, sans assis­tance de la puis­sance publique. Ce sou­ci d’avantages tem­po­rels n’a rien à voir avec la spi­ri­tua­li­té reli­gieuse, comme vient de l’affirmer l’Observatoire chré­tien de la laï­ci­té.

Fran­çois Hol­lande, met­tez vos pas dans ceux de Jau­rès plu­tôt que dans ceux des fos­soyeurs de la laï­ci­té. Ici comme ailleurs, c’est d’une gauche laïque et sociale décom­plexée qu’a besoin le pays. Je suis sûr que les élec­teurs sont par­fai­te­ment en mesure de com­prendre et d’accepter ce lan­gage, qui est celui du vrai et du juste.

Hen­ri Pena Ruiz est l’auteur de Qu’est-ce que la soli­da­ri­té ? Le cœur qui pense (Edi­tions Abeille et Cas­tor, 2011). Phi­lo­sophe, écri­vain, ancien membre de la Com­mis­sion Sta­si, membre du Par­ti de gauche

Pourquoi nous sommes Alsaciens, laïques et contre le Concordat , par William Gasparini et Josiane Nervi-Gasparini

Tri­bune parue dans le Monde du 17 février

Par William Gas­pa­ri­ni, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, Josiane Ner­vi-Gas­pa­ri­ni, maître de confé­rences en mathé­ma­tiques, Uni­ver­si­té de Stras­bourg…

Dans un article publié dans Le Monde du 10 février 2012 (“Pour­quoi nous sommes Alsa­ciens, laïcs et pour le Concor­dat”), Roland Ries, séna­teur-maire de Stras­bourg, se reven­dique “concor­da­taire” et affirme appar­te­nir, tout comme les prin­ci­paux lea­ders poli­tiques alsa­ciens — du PS à l’UMP, en pas­sant par le Modem et Europe Eco­lo­gie — “à la très grande majo­ri­té des Alsa­ciens et Mosel­lans, d’obédiences reli­gieuses diverses, laïques ou même athées, qui sou­tiennent le régime concor­da­taire”. Aucune enquête sérieuse ne confirme à ce jour de telles affir­ma­tions. Bien au contraire, comme par­tout ailleurs sur le ter­ri­toire fran­çais, les pra­tiques reli­gieuses se sont étio­lées et la fré­quen­ta­tion des cours de reli­gion dans les éta­blis­se­ments sco­laires (spé­ci­fi­ci­té d’Alsace-Moselle) ont consi­dé­ra­ble­ment dimi­nué.

Comme de nom­breux Alsa­ciens, nous pen­sons qu’il faut en finir avec le Concor­dat d’Alsace-Moselle, régime napo­léo­nien dépas­sé, à l’opposé d’une concep­tion répu­bli­caine et laïque de la France. Contrai­re­ment à une vision com­pas­sion­nelle et erro­née de la “socié­té alsa­cienne”, le Concor­dat n’assure pas le “vivre-ensemble” mais crée les condi­tions d’une sépa­ra­tion com­mu­nau­taire orga­ni­sée entre les reli­gions elles-mêmes (en excluant tout autre culte que les quatre cultes recon­nus) et par ailleurs entre les croyants et les agnos­tiques ou les athées.

Loi de concorde, la loi de 1905 garan­tit au contraire, en sépa­rant les Eglises et l’Etat, la liber­té de conscience et par consé­quent celle de culte. Cette loi de liber­té qui doit s’appliquer par­tout sur le ter­ri­toire fran­çais rap­pelle que la Répu­blique ne recon­naît ni ne sala­rie aucun culte en appli­ca­tion des deux prin­cipes fon­da­men­taux que sont l’égalité entre les citoyens et l’universalité de la dépense publique.

Le régime concor­da­taire est en contra­dic­tion fla­grante avec ces deux prin­cipes. D’une part, seuls quatre cultes (catho­lique, pro­tes­tants réfor­mé et luthé­rien, israé­lite) sont recon­nus. D’autre part, le Concor­dat a un coût très éle­vé pour le bud­get de l’Etat : plus de 50 mil­lions d’euros ont été dépen­sés en 2011 pour rému­né­rer les 1 400 ministres des cultes alors même que, depuis 2007, le gou­ver­ne­ment a sup­pri­mé 65 000 postes dans l’Education natio­nale. Pour le seul Bas-Rhin, plus de 400 postes d’enseignants seront sup­pri­més à la ren­trée 2012. L’argent public doit finan­cer les ser­vices publics qui sont notre bien com­mun (école, hôpi­tal, crèches, ser­vices sociaux, etc.) et non les cultes qui relèvent des pra­tiques pri­vées. Il est para­doxal que ceux qui défendent le Concor­dat sup­priment dans le même temps des postes dans la fonc­tion publique d’éducation ou de la san­té au nom d’une sup­po­sée ges­tion ration­nelle des fonds publics (sous l’effet de la révi­sion géné­rale des poli­tiques publiques).

Outre le régime concor­da­taire, le sta­tut sco­laire local (lois Fal­loux de 1850) est tou­jours en vigueur dans les éta­blis­se­ments sco­laires, ins­tau­rant l’enseignement reli­gieux obli­ga­toire à l’Ecole et la prise en charge par l’Etat des salaires des “ensei­gnants de reli­gion”, pré­le­vés sur les deniers publics de la tota­li­té des citoyens fran­çais.

Les tenants du régime concor­da­taire brouillent le débat et cultivent l’amalgame entre le Concor­dat et le droit social local pour créer des inquié­tudes infon­dées auprès des Alsa­ciens et Mosel­lans. Héri­té de la période alle­mande, ce droit local en matière de sécu­ri­té sociale est favo­rable aux sala­riés d’Alsace-Moselle qui en assument d’ailleurs la charge finan­cière sup­plé­men­taire.

Nous consi­dé­rons que c’est là un modèle dont nous pour­rions nous ins­pi­rer pour l’étendre aux autres dépar­te­ments sui­vant le prin­cipe d’alignement des droits sociaux par le haut.

Nous, Alsa­ciens venant d’horizons sociaux, cultu­rels, reli­gieux et phi­lo­so­phiques très divers, atta­chés à notre patri­moine cultu­rel héri­té des Lumières et de la Révo­lu­tion de 1789, affir­mons que la laï­ci­té est le socle de tout pro­jet d’émancipation citoyenne. Celle-ci n’est pas la guerre aux reli­gions, bien au contraire elle met fin aux conflits reli­gieux et aux sur­en­chères com­mu­nau­taires. En toute ratio­na­li­té, on ne peut se récla­mer de la loi de 1905 et sou­te­nir simul­ta­né­ment l’exception concor­da­taire.


Autres signa­taires :

  • Jean-Claude Val, pro­fes­seur de sciences éco­no­miques et sociales en CPGE, Stras­bourg
  • Alfred Wahl, pro­fes­seur émé­rite d’histoire, Uni­ver­si­té de Metz
  • Jean-Pierre Dju­kic, cher­cheur en chi­mie, admi­nis­tra­teur de l’Université de Stras­bourg
  • Yan Bugeaud, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, mathé­ma­tiques, Uni­ver­si­té de Stras­bourg
  • Roland Pfef­fer­korn, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, socio­lo­gie, Uni­ver­si­té de Stras­bourg
  • Pierre Hart­mann, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, lit­té­ra­ture, direc­teur de l’Ecole doc­to­rale des huma­ni­tés, Uni­ver­si­té de Stras­bourg
  • William Gas­pa­ri­ni, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, Josiane Ner­vi-Gas­pa­ri­ni, maître de confé­rences en mathé­ma­tiques, Uni­ver­si­té de Stras­bourg

La Laïcité pour tous ! Communiqué de presse du Collectif laïque

La pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle doit être l’occasion de défendre et de pro­mou­voir la laï­ci­té, dure­ment mise à mal ces der­nières années. Sous pré­texte de « toi­let­tage », la loi de 1905 est conti­nuel­le­ment vidée de son conte­nu. Un sur­saut laïque et répu­bli­cain est indis­pen­sable.

Dans ce contexte, le Col­lec­tif laïque est favo­rable à la consti­tu­tion­na­li­sa­tion des prin­cipes énon­cés dans les articles 1 et 2 de la loi de 1905 : liber­té de conscience, libre exer­cice des cultes, prin­cipe de sépa­ra­tion (non recon­nais­sance et non sub­ven­tion­ne­ment publics des cultes). Le Col­lec­tif rejette toute forme de consti­tu­tion­na­li­sa­tion du concor­dat d’Alsace Moselle.

Les asso­cia­tions signa­taires rap­pellent qu’en ver­tu du prin­cipe consti­tu­tion­nel d’indivisibilité de la Répu­blique, la laï­ci­té a voca­tion à s’appliquer sur tout le ter­ri­toire natio­nal. Elles consi­dèrent que tout « sta­tut des cultes » déro­ga­toire doit dis­pa­raître. Cette har­mo­ni­sa­tion des rap­ports entre les cultes et les pou­voirs publics doit se faire pro­gres­si­ve­ment, après concer­ta­tion.

Le Col­lec­tif met en place un groupe d’étude char­gé d’élaborer des recom­man­da­tions pour l’extension pro­gres­sive et sans bru­ta­li­té à l’Alsace Moselle de la loi de 1905, indé­pen­dam­ment du droit local. Le rap­port fera l’objet d’une com­mu­ni­ca­tion publique.

Paris, le 29/02/2012

Les asso­cia­tions et orga­ni­sa­tions signa­taires : Arab Women’s Soli­da­ri­ty Asso­cia­tion France, Asso­cia­tion EGALE, Asso­cia­tion Laï­ci­té-Liber­té, Asso­cia­tion Le Che­va­lier de la Barre, Asso­cia­tion Les Comi­tés 1905, Asso­cia­tion Libres MarianneS, Asso­cia­tion des Libres Pen­seurs de France, Centre d’Action Euro­péenne Démo­cra­tique et Laïque, Club Répu­blique Sociale, Comi­té Laï­ci­té Répu­blique, Comi­té Val­my, Conseil Natio­nal des Asso­cia­tions Fami­liales Laïques, Fédé­ra­tion Natio­nale des Délé­gués Dépar­te­men­taux de l’Education Natio­nale, Grand Orient de France, Ligue du Droit Inter­na­tio­nal des Femmes, Ligue Inter­na­tio­nale Contre le Racisme et l’Antisémitisme, Obser­va­toire Inter­na­tio­nal de la Laï­ci­té, Obser­va­toire de la Laï­ci­té Pro­vence, Regards de Femmes, Union des FAmilles Laïques.

Si François Hollande veut vraiment constitutionnaliser la laïcité, il doit revoir sa copie ! Par Charles Arambourou

Fran­çois Hol­lande s’était enga­gé à « ins­crire les prin­cipes fon­da­men­taux de la loi de 1905 sur la laï­ci­té dans la Consti­tu­tion ». Mal­heu­reu­se­ment, le pro­gramme du can­di­dat, publié le 26 jan­vier, fait appa­raître une pro­po­si­tion 46, au mieux rédi­gée par des ama­teurs, au pire sour­noi­se­ment anti-laïque :

« La Répu­blique assure la liber­té de conscience, garan­tit le libre exer­cice des cultes et res­pecte la sépa­ra­tion des Églises et de l’État, confor­mé­ment au titre pre­mier de la loi de 1905, sous réserve des règles par­ti­cu­lières appli­cables en Alsace et Moselle. »

Sous cou­leur de défendre la laï­ci­té, on gra­ve­rait dans le marbre le Concor­dat napo­léo­nien en Alsace-Moselle ? Même Jean Bau­bé­rot s’en est jus­te­ment ému1

… Expli­ca­tions, et conseils. Conti­nuer la lec­ture

  1. « Met­tons en avant les liber­tés laïques », Le Mondedu 27 jan­vier 2012. []

La proposition de loi cadre du Parti de Gauche présentée au parlement en 2011

PROPOSITION DE LOI-CADRE, relative à la promotion de la laïcité et la clarification des règles de son application concrète — Présentée par Marie-Agnés LABARRE, sénatrice de l’Essonne (Parti de Gauche) — 4 avril 2011

EXPOSE DES MOTIFS

Mes­dames, mes­sieurs,
La pré­sente pro­po­si­tion de Loi-cadre se jus­ti­fie pour res­tau­rer et pro­mou­voir la laï­ci­té dans notre pays. Elle en pro­pose une approche d’ensemble aux trois niveaux de la puis­sance publique : celui de l’Etat et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales qui l’incarnent, celui de l’Ecole conçue comme ins­ti­tu­tion essen­tielle de la Répu­blique, et celui des ser­vices publics qui font vivre le bien com­mun à tous.
L’esprit géné­ral d’une telle Loi-cadre est celui d’une Répu­blique à la fois laïque et sociale. Deux carac­tères essen­tiels sont à sou­li­gner ici. D’une part les lois com­munes sont conçues en toute indé­pen­dance par rap­port aux convic­tions par­ti­cu­lières, qu’elles soient reli­gieuses ou athées, et reposent uni­que­ment sur les droits fon­da­men­taux de tout être humain. Elles excluent donc tout pri­vi­lège de la reli­gion ou de l’athéisme. Ain­si fon­dées elles sont uni­ver­selles et per­mettent à des per­sonnes issues d’origines ou de tra­di­tions diverses de vivre ensemble sur des bases justes, source d’émancipation. D’autre part le sou­ci de l’intérêt géné­ral défi­nit une sphère com­mune des­ti­née à rendre acces­sibles à tous les biens fon­da­men­taux que sont la san­té, l’instruction et la culture, et plus géné­ra­le­ment les condi­tions maté­rielles d’une vie digne. Ces ser­vices publics, finan­cés par l’argent public, font donc cor­res­pondre aux lois com­munes une action sociale d’envergure, qui pro­meut la jus­tice sociale en même temps que la laï­ci­té. Ils donnent ain­si une réa­li­té concrète à l’universalisme répu­bli­cain en conju­guant l’intégration poli­tique par un droit éman­ci­pa­teur, fon­dé sur la laï­ci­té, et l’intégration sociale par la soli­da­ri­té redis­tri­bu­tive ain­si que le droit du tra­vail.
La Répu­blique Fran­çaise ain­si com­prise est un creu­set. La néces­saire fon­da­tion d’un cadre de vie com­mun à tous, capable de pro­mou­voir l’intérêt géné­ral par-delà les dif­fé­rences, a quelque chose d’exemplaire. Elle rejette toute concep­tion de l’identité natio­nale des­ti­née à exclure au nom de tra­di­tions plus ou moins rétro­grades. Elle rat­tache l’identité natio­nale à une autre tra­di­tion, celle des luttes pour la liber­té et l’égalité, et aux acquis légis­la­tifs qui en ont résul­té. Si bien que la Répu­blique laïque et sociale four­nit par elle-même une iden­ti­té fra­ter­nelle, tour­née vers l’universel et l’internationalisme.
Il est bien sûr essen­tiel de mettre en oeuvre une concep­tion juste de l’articulation entre l’unité du vivre ensemble et la diver­si­té des convic­tions et des réfé­rences per­son­nelles. Tel est le rôle assu­mé par la laï­ci­té.
De fait la sépa­ra­tion laïque de l’Etat répu­bli­cain et de toute Église n’a sup­pri­mé le bud­get public des cultes que pour mieux assu­rer la pro­mo­tion de l’intérêt géné­ral, com­mun à tous.
Il s’agit là d’une règle simple conforme au prin­cipe des vases com­mu­ni­cants : l’argent public affec­té inté­gra­le­ment au bien com­mun à tous est aus­si pro­fi­table aux croyants qu’aux athées. La laï­ci­té ne s’en prend nul­le­ment aux reli­gions mais aux pri­vi­lèges publics qu’ont long­temps consti­tué la recon­nais­sance dis­cri­mi­na­toire de l’option reli­gieuse comme étant d’intérêt public, et les finan­ce­ments de tous ordres qui l’accompagnaient.

L’émancipation laïque n’a fait que dis­tin­guer ce qui est com­mun à tous et ce qui est propre aux seuls croyants. La reli­gion est alors assi­gnée à la sphère pri­vée, car elle ne doit enga­ger que les croyants.
L’enjeu d’une éman­ci­pa­tion à la fois poli­tique et sociale est déci­sif. Elle évite aus­si bien le trai­te­ment pri­vi­lé­gié des options spi­ri­tuelles par­ti­cu­lières de cer­tains citoyens que l’enfermement com­mu­nau­ta­riste nui­sible au lien social. Dans un tel contexte, les reli­gions n’ont rien à craindre de l’émancipation laïque et sociale, qui ne fait que mettre en cor­res­pon­dance l’argent public et le bien public, tout en per­met­tant à la sphère pri­vée de se vivre libre­ment selon les choix per­son­nels des indi­vi­dus. Le triple sou­ci de liber­té, d’égalité, d’universalité est l’âme même de la Répu­blique laïque.
Encore faut-il une défi­ni­tion claire et dépour­vue d’ambiguïté de la laï­ci­té. Celle-ci est ren­due aujourd’hui néces­saire en rai­son des consi­dé­ra­tions polé­miques, dic­tées par la nos­tal­gie des pri­vi­lèges per­dus, qui en ont brouillé le sens. Le trip­tyque répu­bli­cain four­nit clai­re­ment les orien­ta­tions fon­da­trices de la laï­ci­té et ins­pirent les prin­ci­pales lois qui les ont tra­duites juri­di­que­ment en for­mu­lant leurs consé­quences pra­tiques.
La laï­ci­té se défi­nit par la conjonc­tion de trois prin­cipes indis­so­ciables qui assurent l’unité du peuple (le terme grec laos désigne l’unité indi­vise d’une popu­la­tion et le terme latin lai­cus la per­sonne indi­vi­duelle qui fait par­tie de cette popu­la­tion). Le pre­mier prin­cipe est la liber­té de conscience, le second l’égalité des droits de tous les citoyens quelles que soient leurs convic­tions per­son­nelles, qu’elles soient reli­gieuses ou phi­lo­so­phiques, le troi­sième la dévo­lu­tion de la puis­sance publique à l’intérêt com­mun. Il ne sau­rait donc y avoir laï­ci­té sans éga­li­té de droits des citoyens. Tout pri­vi­lège des reli­gions ou de l’athéisme, qu’il soit juri­dique ou pécu­niaire, porte atteinte à cette exi­gence.
Les trois prin­cipes consti­tu­tifs de la laï­ci­té impliquent des poli­tiques publiques propres à les pro­mou­voir. Ain­si la liber­té de conscience appelle l’abstention et la neu­tra­li­té stricte des repré­sen­tants de l’Etat, dans l’exercice de leurs fonc­tions, concer­nant les dif­fé­rentes options spi­ri­tuelles. Elle exige que les lois com­munes ne pri­vi­lé­gient ni ne stig­ma­tisent aucun choix de type de vie et d’accomplissement per­son­nel. Elle requiert une école publique et laïque, source d’autonomie de juge­ment et de citoyen­ne­té éclai­rée. Il est dès lors facile de com­prendre que les options spi­ri­tuelles par­ti­cu­lières ne doivent enga­ger que ceux et celles qui les adoptent : elles res­sor­tissent à leur sphère pri­vée sans empiè­te­ment pos­sible sur la sphère publique. La neu­tra­li­té de la puis­sance publique a pour corol­laire le fait que n’est recon­nu d’intérêt géné­ral que ce qui l’est effec­ti­ve­ment. Elle implique le refus d’une recon­nais­sance publique des reli­gions, tout comme le refus de les finan­cer par des fonds publics ain­si sous­traits à leur seule des­ti­na­tion légi­time : l’intérêt com­mun à tous. D’où une règle claire :nul finan­ce­ment public direct ou indi­rect des cultes et des mani­fes­ta­tions reli­gieuses ou des divers types de pra­tiques spi­ri­tuelles n’est per­mis à quelque niveau que ce soit de la puis­sance publique.

L’égalité de droits de tous les citoyens néces­site l’attribution du même sta­tut juri­dique aux dif­fé­rents types d’options spi­ri­tuelles, qu’elles soient reli­gieuses ou non. Toutes sont pri­vées en ce sens qu’elles n’engagent que les per­sonnes qui les choi­sissent. L’égalité passe aus­si par les grands ser­vices publics en ce qu’ils com­pensent les inéga­li­tés de for­tune de la socié­té civile qui pèsent sur l’accès aux soins, à la culture, et aux autres biens d’intérêt géné­ral. L’école laïque, là encore, est déci­sive, car elle seule se sou­cie des moyens de pro­mou­voir pour tous les fer­ments de l’esprit cri­tique et de la com­pré­hen­sion lucide du monde, à l’exclusion de tout pro­sé­ly­tisme.
L’universalité de l’action publique vise à mettre en accord la réa­li­té concrète et les exi­gences conte­nues dans les droits pro­cla­més. Elle est le gage de la concorde dans le vivre ensemble L’honneur d’une poli­tique laïque et sociale décom­plexée est ain­si de veiller aux appli­ca­tions pra­tiques des prin­cipes abs­traits, à l’encontre de tout oppor­tu­nisme élec­to­ra­liste.
Ce rap­pel rai­son­né per­met de mettre en place des repères conformes aux prin­cipes qui défi­nissent l’idéal laïque et de cla­ri­fier les règles d’une Répu­blique laïque et sociale. La pré­sente Loi-Cadre fonde une authen­tique pro­gramme légis­la­tif dont elle fixe les prin­ci­pales mesures. Celles-ci prennent place dans une poli­tique d’ensemble. Les pro­jets de lois qui met­tront en oeuvre et pré­ci­se­ront ces orien­ta­tions trou­ve­ront ain­si leur sens et leur cohé­rence.

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